L'Église du Monastère du Sauveur de Travanca s'inscrit dans le petit nombre d'églises à trois nefs qui ont été construites au Portugal pendant la période romane. En effet, la plupart des églises de cette époque n'a qu'une seule nef.
Travanca s'inscrit ainsi dans le programme appelé "plan bénédictin portugais". Selon Manuel Real, Travanca en est le meilleur exemple, en raison de la monumentalité de son plan à trois nefs, du portail, des motifs sculptés et de la tour - autrefois clocher -, la plus haute pendant le Moyen Âge au Portugal.

Semblablement à d'autres églises de Vale do Sousa (par exemple Saint-Vincent de Sousa, Sainte-Marie d'Airães ou Sauveur d'Unhão, dans la municipalité de Felgueiras), le portail ouest est saillant par rapport à la façade, ce qui permet d'augmenter sa profondeur et sa monumentalité.
Cette solution, désignée le roman "nacionalizado" [nationalisé] par Manuel Monteiro, provient du roman de Coimbra et s'étend ensuite dans toute la région à partir du Monastère de Paço de Sousa (Penafiel).
Sur ce portail d'accès à la maison de Dieu, on constate une autre influence, cette fois-ci du roman de Porto : le tore diédrique. Les tores diédriques donnent un certain rythme aux quatre archivoltes et une longueur supérieure aux fines colonnes, à fût cylindrique.

En termes de décoration, le thème utilisé sur le portail se répète un peu partout sur le bâtiment : des oiseaux aux cous entrelacés, une figure humaine conçue comme un atlante et des serpents entrelacés. Face à une telle beauté, il n'est pas surprenant que Carlos Alberto Ferreira de Almeida ait considéré ce portail comme un exemple unique de la meilleure sculpture romane de la région.
Il faut souligner que, mi-XVIe siècle, il fallait probablement passer d'abord par un narthex à trois nefs avant de pouvoir entrer à l'Église.
Sur l'élévation nord, il y a le portail destiné à la communauté de cette région. Les chapiteaux de ce portail ont les mêmes motifs décoratifs que le portail principal : des serpents entrelacés, la sirène et les oiseaux aux cous entrelacés.

À l'intérieur, et malgré les changements subis pendant l'époque moderne et contemporaine, l'esprit roman est encore visible, avec le granit qui s'impose sur les murs et les piliers. Les trois nefs sont définies par quatre travées, dont les nefs latérales sont plus basses que la nef centrale.
Le chevet de l'Église se compose de deux absidioles voûtées de plan semi-circulaire flanquant le sanctuaire. Ce chevet est aujourd'hui plus profond et rectangulaire grâce à un prolongement réalisé pendant l'époque moderne.
Les chapiteaux qui ornent l'intérieur de l'Église présentent une grande variété thématique. Parmi tous ces chapiteaux, il faut rehausser celui qui est consacré au thème de "Daniel dans la fosse aux lions" et qui soutient l'arc qui forme la dernière travée, près de l'abside et sur le côté de l'Épître.
Bien que, pour l'essentiel, l'esprit roman soit toujours présent dans l'Église du Sauveur de Travanca, celle-ci a dû s'adapter aux besoins croissants des communautés monastiques, laïques et aux orientations normatives dans le cadre du Concile de Trente (1545-1563).
Dans ce contexte, il faut souligner l'existence du chœur majeur, au milieu de la nef et occupant la travée centrale, avec des stalles et des orgues, dont l'accès se faisait par l'extérieur, par la tour (et plus tard par une baie ouverte dans le mur sud) adossée au cloître ; la construction d'un chœur moyen ; l'installation de sept autels et retables latéraux ; l'utilisation de l'une des colonnes qui divisent la nef centrale de la nef latérale sud pour la construction d'une chaire ; le ravalement des murs de l'église, avec les plafonds recouverts de stuc blanc et les parois de mortier.
Cependant, les transformations mentionnées ci-dessus n'existent plus dans cet espace religieux. Tous les éléments mentionnées ont été enlevés lors des interventions de rénovation mises en œuvre par DGEMN - Direção Geral dos Edifícios e Monumentos Nacionais [Direction Générale des Bâtiments et Monuments Nationaux] dans les années 1930.
Si le portail latéral nord était destiné à la communauté de cette région, le portail sud était utilisé par la communauté monastique. Actuellement, il permet l'accès à la sacristie, déjà mentionnée en 1568, mais avec des dimensions plus petites. Aujourd'hui, cet endroit n'abrite plus que la sacristie, mais aussi bien un espace muséologique avec un acquis diversifié, parmi lequel il faut souligner les images de Saint-Maur et de Saint-Benoît de Nursie.

À l'extérieur, il faut aussi accorder une attention spéciale à la tour. Avec son plan quadrangulaire, elle est érigée au nord de l'Église. Son portail est assez étroit et s'ouvre au niveau du sol, un élément révélant le caractère militaire de cette tour exclusivement technique. En effet, il s'agissant d'une tour à des fins militaires, la porte d'accès serait à l'étage supérieur et l'accès se ferait par une échelle mobile.
Intégré dans l'épaisseur du mur, le portail de la tour est dépourvue de colonnes et de chapiteaux, ses éléments décoratifs se concentrant sur les deux arcs qui reposent uniquement sur des impostes.
Les archivoltes exhibent une ornementation représentant des animaux qui s'affrontent le long des voussoirs de l'archivolte extérieure. L'archivolte intérieure révèle un modèle utilisé dans cette région, le thème des têtes à bec, que l'on trouve à Cárquere (Resende), Fandinhães (Marco de Canaveses) et Tarouquela (Cinfães). Sur le tympan, il y a la représentation de l'Agnus Dei, levant au ciel une croix pattée.

Lors des interventions de DGEMN - Direção Geral dos Edifícios e Monumentos Nacionais [Direction Générale des Bâtiments et Monuments Nationaux], dans les années 1930, la tour fut soumise aux mêmes principes que ceux appliqués à l'Église. Le but était de mettre en évidence le soi-disant caractère militaire de la tour, en démolissant le beffroi qui avait été ajouté au chemin de ronde pendant l'époque moderne.